Human
fait partie de ces éditeurs qui peinent à retrouver
leur lustre d'antan, et ce depuis l'arrivée des consoles
32 bits. Autrefois roi des simulations sportives, Human devait
une grande partie de son prestige à Final Match Tennis,
et à la série des Formation Soccer. Après
le succès remporté par Formation Soccer Human Cup
'90 sur PC Engine, une version Super Famicom fut logiquement amenée
à voir le jour, à la fin de l'année 1991,
qui fut décidément une année exceptionnelle.
Cette
version a pour nom Super Formation Soccer, et sa principale caractéristique
est d'exploiter à merveille le mode 7 de la Super Famicom.
La vue adoptée n'est en effet pas complètement aérienne
comme sur PC Engine, mais à mi-chemin entre une vue située
derrière les buts et une vue de haut. Un effet de profondeur
saisissant pour l'époque était ainsi créé.
Lorsque vous avancez vers les buts et les défenseurs adverses,
ces derniers s'agrandissent au fur et à mesure de vos chevauchées,
ce qui était révolutionnaire pour un jeu de football
de 1991.
En
dehors de cela, le soft est assez classique. Les équipes
sont au nombre de seize (par ordre de puissance décroissante
: l'Allemagne, l'Argentine, l'Italie, le Brésil, Les Pays-Bas,
l'Angleterre, le Cameroun, la Roumanie, l'Irlande, la France,
les Etats-Unis, le Japon, la Colombie, la Yougoslavie, l'Uruguay,
et la Belgique). On notera d'ailleurs une erreur assez croustillante
de la part de Human : au lieu de s'appeler " France ",
l'équipe de France a pour nom " French " !
Les équipes reprennent de manière assez réaliste
les noms des joueurs de l'époque. Contrairement à
la version Pal qui ne reprenait que les prénoms des joueurs
les plus célèbres, la version japonaise utilise
les véritables noms de famille des joueurs. Ainsi dans
l'équipe d'Allemagne, nous retrouvons Lothar Matthäus
au milieu de terrain, l'Argentine compte notamment dans ses rangs
Diego Maradona et Claudio Caniggia, alors que Toto Schillaci et
Roberto Baggio composent la ligne d'attaque italienne
On
citera également la présence de Ruud Gullit, Marco
Van Basten, Frank Rijkaard et Ronald Koeman dans l'équipe
néerlandaise ou encore celle de Gary Lineker (Un modèle
de fair-play : aucuns cartons durant toute sa carrière
!) dans l'équipe anglaise.
Chaque joueur possède ses propres caractéristiques
(puissance de tir, vitesse de course et qualités défensives)
qui reflètent en général assez bien la réalité.
Avant
le coup d'envoi, vous sélectionnez le type de match désiré
(amical ou tournoi), le nombre de joueurs (vous pouvez jouer seul,
à deux l'un contre l'autre ou ensemble), votre équipe,
sa composition et sa formation, ainsi que la durée de chaque
mi-temps.
A noter que la version Pal (Super Soccer) permet d'avoir directement
accès aux tirs au but, ce qui n'est pas le cas de la version
japonaise.
L'une
des principales qualités de Super Formation Soccer est
son excellente maniabilité. Les commandes sont simples
(Y pour passer le ballon, B pour tirer, Start, L ou R pour sélectionner
le joueur à qui on souhaite passer le ballon, etc.) et
on maîtrise le jeu assez rapidement pour pouvoir inscrire
des buts, que ce soit suite à des chevauchées solitaires
ou de manière plus collective par le biais de centres,
de reprises de volée et de têtes. Le jeu n'est certes
pas très réaliste, surtout si on le compare à
Perfect Eleven (International Superstar Soccer), mais en 1991,
la célèbre série de jeu de foot de Konami
n'existait pas encore. Ainsi, il n'est nullement nécessaire
(et même en fait déconseillé) d'exécuter
des passes en retrait ou de faire circuler le ballon : il faut
constamment attaquer et porter le danger vers le but adverse !
Il n'existe que deux mouvements qui permettent de récupérer
le ballon : le tacle glissé (bouton B) et le coup d'épaule
(bouton Y). Attention, les coups d'épaule sont parfois
sanctionnés d'un carton rouge ! On mentionnera au passage
l'extrême virulence de l'équipe du Cameroun !
Les
graphismes profitent bien des capacités de la Super Famicom.
Colorés et sobres, ils sont très agréables
à l'il. Et que dire de l'animation, tout simplement
merveilleuse, avec cet effet de profondeur magnifique et novateur.
Les musiques ne viennent pas ternir ce tableau idyllique, bien
au contraire : elles sont quasiment mythiques. Chaque équipe
a son propre thème, et il reflète en général
très bien la mentalité de celle-ci.
Cette adaptation sur la console 16 bits de Nintendo de Formation
Soccer fut donc couronnée de succès, grâce
à la qualité de sa réalisation et de sa jouabilité,
irréprochable. Même des personnes n'étant
pas passionnées par le football pouvaient apprécier
ce jeu ! (On citera Crevette de Player One notamment) Les bonnes
notes et les distinctions (intégration dans le Top 5 de
Player One des meilleurs jeux tournant sur Super Famicom en mars
1992 aux côtés de Super Mario World, The Legend Of
Zelda A Link to The Past, Akumajô Dracula et Super Ghouls'n
Ghosts, rien que ça !) se sont donc ramassées à
la pelle dans la presse française.
Alors,
certes, aujourd'hui, Super Formation Soccer est très largement
dépassé par les simulations signées Konami
ou Electronic Arts, que ce soit en terme de réalisme, de
maniabilité ou bien sûr de réalisation. Mais
il garde sans aucun doute une place à part dans le cur
des joueurs de la première heure sur Super Famicom, et
il demeure un grand titre datant des plus glorieuses années
de Human.
Gustav
XIII
 
 
 
|